Comment l’administration pénitentiaire (AP) gère-t-elle la pluralité des cultures au sein des établissements ? Quelles perspectives pour le partenariat entre l’AP et l’ANVP ?

Intervenant : Amin MBARKI, chef du Bureau MI2 (politiques sociales) à la direction de l’AP

M. Mbarki développe son propos en trois points :

a) Quelle vision des relations entre l’AP et les associations ?

La politique de l’AP ne peut être que partenariale car les associations sont indispensables dans la prise en charge des détenus.

Les obligations induites par la nouvelle loi pénitentiaire de se donner les moyens d’éviter l’incarcération pour les peines courtes ne peuvent s’envisager sans l’intervention des associations pour accompagner cette évolution

Amin MBARKI, chef du Bureau MI2 (politiques sociales) à la direction de l’AP

Cela passe par la création d’une sous-direction à l’Insertion et la Probation qui sera chargée de tisser les liens de partenariat avec les associations. 23M€ sont consacrés au soutien aux associations partenaires. Des groupes de travail seront formés sur des thématiques précises : culture, santé mentale, droit au travail…

  • b) Singularité de la place de l’ANVP pour l’AP

Les 25 années de partenariat conventionné ont entrainé une relation de confiance basée sur des fondamentaux d’humanisme, d’altruisme, et une présence géographique et humaine étendue.

Trois actions annexes sont envisageables :
les jardins dans les établissements
les tablettes de traduction dont l’utilisation doit être promue et facilitée
les actions « hors les murs ».

S’il y a plus de 70.000 détenus « dans les murs », il y a aussi 170.000 personnes sous main de justice « hors les murs ».

  • c) Les cultures en détention

M. Mbarki insiste sur l’importance de l’accès à la culture en détention qui doit déboucher sur des acquisitions de savoirs et sur une revalorisation de l’estime de soi.

L’offre culturelle doit correspondre à la diversité des publics et favoriser la mixité culturelle et générationnelle. Cela passe par un soutien du travail effectué par les partenaires locaux de manière à faire coïncider la pluralité des attentes en interne avec la pluralité des offres et fédérer un maximum de populations pour générer des interactions entre elles.

La maîtrise de la langue française, véhicule privilégié de la culture, doit être au centre des préoccupations.

Enfin le lieu de détention doit être un lieu de création culturelle à l’exemple de l’atelier théâtre des Baumettes qui propose ses créations au public extérieur.

En conclusion, M. Mbarki regrette que l’offre culturelle soit trop souvent basée sur le quantitatif plutôt que sur le qualitatif. Ce point devra faire l’objet d’une attention particulière, ainsi que le partenariat avec les acteurs culturels et privés.

Il est impératif de faire du temps de détention un temps utile pour acquérir des codes sociaux, se soigner mais aussi s’ouvrir à la culture.

Faire que la personne détenue ait le même accès à la culture que la personne à l’extérieur.

Il faut également réfléchir à la place du numérique en prison.

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